IBS, acteur de la révolution microélectronique

Article paru sur le site Internet du journal La Provence le 14/11/2016.

La PME de Peynier produit des équipements sur mesure. Elle perce en Chine. IBS est un champion de la microélectronique avancée.

Il n’est point besoin d’être un géant pour rivaliser avec eux. En témoigne les performances réalisées par Ion Beam Services (IBS), une entreprise de taille moyenne dont le siège est à Peynier dans le Pays d’Aix, qui vient de remporter un marché en Chine dans le domaine de la microélectronique avancée. IBS va en effet livrer à l’université Xi’An Jiaotong, classée au 21e rang mondial, une machine dite « IMC », capable de produire de petites séries de composants conçus avec des matériaux dont des évolutions sont testées pour servir des applications futures. Ainsi l’arseniure de gallium déjà utilisé dans la téléphonie ou pour accroître les performances des radars automobiles, ou encore le carbure de silicium qui trouve application dans les transports électriques, l’éolien ou le photovoltaïque.

« Les machines que nous concevons sont spécialisées et répondent à des besoins précis pour la conception de composants électroniques. Notre domaine est celui de l’implantation ionique. C’est-à-dire la modification des propriétés des matériaux semi-conducteurs utilisés. Nous nous développons sur des niches de marché », explique Laurent Roux, fondateur d’IBS en 1987. Et de poursuivre, en indiquant que quinze unités de ce type de machine, conçues et assemblées non loin de la montagne de Sainte-Victoire « avec une technologie française », ont été commercialisées en Europe, en Russie et aux États-Unis. Mais que cette vente ouvre des perspectives majeures. D’abord parce qu’une seconde commande estimée entre 2 et 3 millions d’euros est en cours de finalisation ; ensuite parce que la Chine et, plus généralement, l’Asie sont devenues des marchés incontournables.

La PME perce en Chine

Bref, IBS dont le savoir-faire consiste à doper les performances des matériaux et des composants qui en sont issus, ou lui permet encore d’intervenir dans la production de cellules photovoltaïque afin d’en augmenter le rendement et d’en réduire le coût, s’apprête par la même occasion à doper son chiffre d’affaires qui devrait passer le seuil des 30 millions d’euros d’ici à quatre ans.

Une envolée qui témoigne, certes, d’une reconnaissance, mais aussi des évolutions qui sont celles de la microélectronique. Un univers qui, sans cesse, repousse les frontières du possible à un rythme effréné énoncé par la loi Gordon Moore, le fondateur d’Intel : « Tous les 24 mois le nombre des transistors implantés sur une puce double et augmente proportionnellement la capacité de calcul avec une consommation électrique divisée par deux ». Une prophétie toujours d’actualité, dans laquelle s’inscrit pleinement la PME de Peynier, dont Laurent Roux aime à rappeler « qu’une puce d’aujourd’hui de la taille d’1 cm², dispose de la même puissance que celle d’un super-ordinateur des années 80 ».

Comment y parvient-on ? En utilisant de nouveaux matériaux dont les propriétés sont adaptées, en miniaturisant les surfaces et en les gravant de plus en plus finement, avec de plus en plus de précision. Là est le coeur du métier d’IBS et de ses machines sur mesure.

Jean-Luc Crozel

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